CNPE de Fessenheim: contrôle ou illusion d'un contrôle?

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16.3.09
Aux médias,

CNPE de Fessenheim: contrôle ou illusion d'un contrôle ?


La vieille centrale nucléaire de Fessenheim doit être arrêtée le plus rapidement possible. Tant qu'elle est en marche, nous estimons qu'elle doit être contrôlée efficacement. Si cela n'est pas le cas, la «qualité» des deux inspections (mission OSART et inspection décennale) devant avoir lieu cette année peut être mise en question.

Pour cette raison, le BUND, le CSFR et le NWA appellent, ensemble avec de nombreuses autres associations, à manifester le 21 Mars 2009 à 10h30 devant la centrale nucléaire de Fessenheim.


Ci-dessous notre critique de la mission OSART de l'AIEA :
Partout les opérateurs de centrales nucléaires et le lobby nucléaire réclament les « contrôles » de l'agence internationale de l'énergie atomique, organisme soi-disant neutre. Dans la foulée, l'AIEA proclame la « non-dangerosité » des installations nucléaires. Les médias reprennent avec plaisir cette vision apparemment neutre. Il faut savoir cependant que l'AIEA est une organisation du lobby de l'industrie nucléaire, qui actuellement combat massivement la « sortie du nucléaire » allemande. Lors de ces missions-OSART d'anciens salariés de centrales nucléaires touchent des «revenus supplémentaires non-négligeables».

Ci-dessous une citation typique après un de ces contrôles sur la page wikipédia de la centrale nucléaire de Philippsburg :
«Après une inspection de plusieurs semaines, les experts de l'AIEA constatent que le réacteur n° 2, est, comparé aux standards internationaux, une très bonne centrale. Les points particulièrement positifs sont la motivation et la capacité à travailler en équipes du personnel, la prise en compte des mesures pour la sécurité, la maintenance et le management du vieillissement, tout comme l'ordre et la propreté de l'installation.» Bien évidemment, il y a toujours une pointe de critique ...

Il n'est pas étonnant que les entreprises nucléaires EDF et ENBW et leurs représentants dans les parlements laissent volontiers contrôler leurs centrales les plus contestables. Ces soi-disant «contrôles» sont une forme d'attribution déguisée du «bonus écologique».

L'AIEA est une organisation du lobby nucléaire adroitement conçue.
Son objectif fut définit lors de sa création : «Le but de l'agence est de faire de l'énergie nucléaire, le plus rapidement possible et à grande échelle, une contribution à la paix, à la santé et à la prospérité dans le monde entier.»

Pas étonnant alors que le principal souci de l'AIEA, après la catastrophe de Tchernobyl fut d'éviter un mauvais coup du sort économique pour l'industrie nucléaire. L'AIEA a participé et participe encore au camouflage des conséquences de l'accident sur la santé, l'environnement et l'agriculture.

Les contrôles OSART de l'AIEA ne sont ni crédibles, ni neutres, ni indépendants. Ces « contrôles » devraient, au moins être accompagnés par des inspections indépendantes réalisées par des scientifiques critiques.

Ci-dessous notre critique vis à vis l'inspection décennale à venir :
Le BUND, le CSFR et le NWA espèrent que l'inspection de Fessenheim ne se terminera pas en catastrophe, comme ce fut le cas lors de l'inspection en 1989. En octobre 1989, la direction de la centrale de Fessenheim annonce fièrement les résultats de la première grande inspection: sur 19 fissures relevées sur les réacteurs, seulement une serait de taille significative (sept mm); de plus elle n'aurait pas grandi depuis la dernière mesure et ne représenterait aucun danger. L'inspection coûteuse, à grand renfort de publicité et demandant beaucoup de personnel, fut apparemment «couronnée de succès». Aussi le TÜV allemand a-t-il confirmé cette déclaration le 03.09.1990.

En août 1991, une grande fissure a été découverte dans la centrale du Bugey,
qui est du même type que celle de Fessenheim. De l'eau radioactive s'échappait du couvercle. Suite à ces découvertes, on inspecta à nouveau la centrale de Fessenheim, cette fois-ci plus profondément et aux bons endroits. En décembre 1991, on apprit que lors de la première inspection décennale on avait bâclé le travail. Avec surprise on découvrit une grande et dangereuse fissure de 110 mm de long et de 30 mm de profond dans le circuit secondaire. Comme à Bugey, on découvrit aussi une fissure de 26 mm de long sur le couvercle du réacteur. Les deux fissures n'avaient pas été vues lors de la première inspection. Les couvercles des réacteurs de Fessenheim ont dû être changés.

C'est pour ces raisons que le BUND, le CSFR et le NWA réclament, pour le moins, des contrôles neutres sérieux, indépendants et non des illusions de contrôles.

Pour des raisons économiques, sanitaires et de sécurité, la seule question à l'ordre du jour devrait être l'arrêt définitif des deux réacteurs de Fessenheim.

32 ans de rejets, de déchets et de dangers inouïs; ça suffit !!!