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L’Allemagne privatise 370 kilomètres d’autoroute

22.07.2009

L’Allemagne privatise 370 kilomètres d’autoroute
par Axel Mayer, directeur du BUND de la section Rhin Supérieur du Sud


Le péage perçu pour les camions ouvre la voie à un nouveau modèle de profits qui va à l’encontre de l’environnement: Il y a bon nombre d’entreprises et de groupes multinationaux qui veulent gagner des milliards moyennant des autoroutes privatisées grâce au péage perçu. Il y a six projets (pour le moment!) qui sont prévus. Un premier objet a été commencé au mois de mai au Rhin Supérieur. Tandis que la privatisation des chemins de fer est un sujet discuté dans toute la République fédérale, la privatisation des ­autoroutes commencée se poursuit sans grands débats encore en public.
La privatisation d’une autoroute n’est rentable pour les entrepreneurs que dans le cas où le plus grand nombre de voitures particulières et de camions prennent l’autoroute. Un transfert aux chemins de fer n’est pas l’intention des gérants privés. Par cette privatisation, on ne parvient ni à la durabilité, ni à la protection des ressources ou du climat.
Imaginez que l’Etat, c’est-à-dire nous tous, possédions deux garages. Ces deux ­garages seraient construits, entretenus et réparés moyennant les impôts et les taxes que nous aurions payés et leur location rapporterait des revenus rentables. Alors, un entrepreneur privé propose de bâtir un garage supplémentaire et de réparer ces trois garages pendant les 30 ans à venir. Cependant, il demande (et ­obtient!) le loyer non seulement pour ce nouveau garage, mais pour tous les trois ...
Remplacez maintenant tout simplement le terme de garage, par celui de voie autoroutière et le terme de loyer par celui de péage pour camion ...
Quelques questions concernant la privatisation des autoroutes:
• Pour quelle raison l’Etat peut-il ­«offrir» des autoroutes que nous tous avons payées?
• Croyez-vous qu’à l’avenir, les transports des marchandises et des personnes soient transférés aux chemins de fer alors qu’un grand nombre de voyageurs et de marchandises qui voyagent sur l’autoroute ­rapportent beaucoup de profit?
• Avez-vous jamais comparé la qualité des autoroutes nationales suisses à la qualité douteuse des autoroutes italiennes privées?
• Pourquoi les responsables n’ont-ils pas tiré une leçon de la crise financière et économique (privatisation / dérégulation) et des faillites causées par le «Cross Border Leasing»(crédit-bail transfrontalier)?
• Qui est-ce qui connaît, en détail, le contenu exact des contrats de privatisation? C’est précisément ce manque de connaissance qui a occasionné des faillites aux «Cross Border Leasing».
En mai dernier a eu lieu la transmission officielle de la concession pour le modèle des entrepreneurs de l’autoroute A 5 entre Malsch et Offenburg.
En février, la présidence du district de Karlsruhe au Bade-Wurtemberg avait accordé le marché à la Via Solutions Südwest GmbH & Co. KG. La concession prévoit, pour une période de trente ans, l’extension de l’autoroute A 5 à six voies autoroutières pour le tronçon entre Baden-Baden et Offenburg, ainsi que la gérance et l’entretien de l’A 5 entre Malsch et Offenburg.
La privatisation partielle de devoirs publics implique en même temps que les contribuables paient à long terme non seulement les frais de la construction et les taux d’intérêt, mais par le biais du péage obligatoire pour les camions, ils doivent payer les profits de l’entreprise privée. On n’a pas tiré la leçon des fautes (privatisation / dérégulation) provoquées par la crise financière et économique. Ce sont comme toujours les contribuables qui portent les risques financiers. «Selon les reportages publiés par les médias, 400 millions d’euros sont financés par des prêts bancaires. En conséquence 200 millions viennent de la Banque européenne d’investissement (BEI, Luxembourg). Les membres de l’UE sont les propriétaires de la BEI. Les autres 200 millions d’euros sont fournis, selon Vinci, par un consortium bancaire dont font partie les banques espagnoles Banco Bilbao Vizcaya Argentaria et Santander, la banque belge KBC et la banque néerlandaise NIBC. Il s’agit de ‹prêts bancaires› qui, d’après Vinci, «ne présupposent aucun recours aux sociétaires». Cela veut dire que Via Solutions Südwest ne doit pas se porter garant pour ces prêts. D’après leurs indica­tions, ce sont seulement 110 millions d’euros qu’ils investiront de leur propre argent et leurs prêts dans l’extension de l’autoroute A 5.» (Source: Baden-Online)
Lors de l’élaboration des contrats dont relève la privatisation qui a été évaluée de manière très critique par la Cour des comptes fédérale allemande, les fonctionnaires du ministère des Transports ont eu «de l’aide professionnelle». Comme le gouvernement fédéral a dû l’avouer en 2006, des lobbyistes de l’industrie de construction «ont aidé» les fonctionnaires à résoudre des «questions spéciales» par rapport au PPP [Partenariat public-privé]. Des lobbyistes externes de l’industrie de construction dans les ministères et des lobbyistes industriels camouflés en représentants du peuple ... Ainsi, l’Etat devient la proie des intérêts privés orienté vers le profit et l’environnement en souffre.
Ce modèle PPP vaut seulement la peine pour les gérants si un maximum de trafic, demandant beaucoup d’énergie et nuisant au climat, passe par les autoroutes privées, c’est ce que dit aussi la Cour des comptes fédérale allemande. A notre époque de réserves énergétiques en baisse et de changement du climat, l’évitement et la délocalisation du trafic ne seront, à cause de ces lobbys, malheureusement plus un thème d’actualité! •
http://www.bund-rvso.de/autobahn-privatisierung-kosten.html
(Traduction Horizons et débats)









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